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La crise des Gilets jaunes

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Jean-Luc Mélenchon l'a considérée comme la nouvelle Révolution française, Emmanuel Macron la voit sans doute toujours comme une erreur de tir à rectifier, mais tous reconnaissent qu’elle est la crise sociopolitique la plus grave depuis 1968.

LA SOURICIÈRE

Comment la France en est-elle arrivée là ? Un droit de vote réduit à son seul geste froid, des grèves laborieusement mises en pratique et souvent dans la crainte, des manifestations classiques qui ne servent plus à rien, en particulier face à un gouvernement intransigeant... que reste-t-il ensuite ? Rien… ou bien alors la violence comme seul mode d’expression possible ? Quel est le véritable enjeu ? Les limites avérées ou non de la démocratie. Car imaginer une seule seconde que ce modèle politique et sociétal était finalement acquis, constituait un sérieux non-sens. Rien ne dure. Ce modèle, une civilisation, nos certitudes comme celle plus « macron-économique » à l’égard de l’impératif illusoire de croissance. Or la terre est un organisme vivant fragile, une unité finie aux ressources limitées. De quelle croissance donc parle-t-on ? Peu importe, après tout il suffit de traverser la route pour trouver un emploi et lorsque des millions d’usagers prennent leur RER le matin, ils verront certainement avec envie et d’un bon œil ceux qui réussissent, en se délectant de n’être rien. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes impossibles. La défiance permanente est la nouvelle norme. Qu’importe, pourvu que ça roule.

L'ÉCOLOGIE, UN LUXE ?

En opposant "la fin du mois contre la fin du monde", le Président français Emmanuel Macron a commis deux erreurs. La première est rhétorique, de moindre importance, juste un effet marketing de plus qui ne convainc plus personne. La seconde est on ne peut plus grave… Emmanuel Macron a fait de l’enjeu écologique une carricature majeure et d’une réalité sordide, autrement dit la fatalité de la survie, un état de fait à prendre ou à laisser. Écoutez les Gilets jaunes… Ils ne croient plus en l’avenir, pire, ils ne croient plus en la vie.

Mais en contredisant ces deux réalités, il oppose de fait l’avenir et le présent. Sorties de leur contexte, ramenées sur le terrain vague de la pensée ultra-libérale, nous plongeons désormais dans une nouvelle forme de surréalisme. L’inconvénient, c’est qu’avec un contexte qui se floute de plus en plus (décevante COP24) en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique, le sentiment général c’est que les pauvres paieront pour la transition écologique et que les nantis seront seuls habilités à en tirer profit. De nombreux Gilets jaunes ont d’ailleurs réagi vertement, en revendiquant leur attachement à ce qu’impose l’urgence climatique. Ils ont par exemple rejoint le cortège de la Marche sur le climat qui s’etait tenue à Paris, le même jour que l’acte 5 de la manifestation le 9 décembre 2018.

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